Le canton de Genève a pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 60% d’ici 2030 par rapport à 1990 et de parvenir à la neutralité climatique d’ici 2050. Parmi les moyens mis en œuvre, les réseaux thermiques structurants (RTS) joueront un rôle central. Un nouveau cadre légal est entré en vigueur le 1er janvier 2025 afin d’en accélérer le déploiement.
Il existe deux réseaux thermiques structurants à Genève qui chauffent ou rafraichissent les bâtiments en fonction des besoins. D’une part GeniLac, qui exploite la température de l’eau du Léman, et d’autre part GeniTerre, alimenté par diverses sources d’énergies renouvelables et de récupération.
Pour accélérer la transition énergétique et le déploiement de ces réseaux, les Genevois ont approuvé en 2022 une loi constitutionnelle déléguant un monopole à SIG pour la distribution, la fourniture et l’exploitation des RTS. Un enjeu majeur lorsque l’on sait que le parc immobilier genevois consomme plus de 50% de l’énergie thermique totale utilisée à Genève et que 90% du chauffage et de la production d’eau chaude sanitaire des bâtiments genevois est assuré par des énergies fossiles (mazout et gaz).
GeniLac et GeniTerre
Le réseau GeniLac utilise l’eau du lac Léman, ressource renouvelable et locale par excellence. L’eau est captée à 45 mètres de profondeur, à une température d’environ 7 °C toute l’année, puis transportée dans des conduites souterraines jusqu’aux bâtiments raccordés.
Son potentiel est estimé à environ 4000 GWh/an, valorisé grâce à une solution thermique innovante. Sur le principe de l’hydrothermie, GeniLac permet de remplacer les climatiseurs et peut également chauffer les bâtiments via l’ajout d’une pompe à chaleur.
Le réseau thermique GeniTerre fonctionne quant à lui comme un grand chauffage central qui distribue de la chaleur, sous forme d’eau chaude, par des conduites souterraines. Pour couvrir les besoins, il est alimenté par des sources d’énergie majoritairement renouvelables issues notamment de la valorisation de l’incinération des déchets des Cheneviers, de la récupération de chaleur de data centers, de la biomasse ainsi que du gaz naturel.
De nouvelles sources d’énergies lui seront adjointes d’ici 2030 – issues de la géothermie ou de la récupération de chaleur des eaux usées – afin d’atteindre un mix énergétique composé à 80% d’énergies renouvelables et de récupération.
Plus de 50% de la demande thermique d’ici 2050
Mais qui est concerné par GeniLac et GeniTerre ? Le Plan Directeur de l’Energie définit des « zones d’influence » dans les périmètres de leur développement. Tous les bâtiments en construction qui y sont situés ont l’obligation de se raccorder aux RTS pour la production thermique principale. Sauf impossibilité technique, il en va de même lors du remplacement des chaudières dans les immeubles existants.
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i fin 2030, les deux réseaux pourront alimenter environ 1700 bâtiments et SIG a pour objectif de distribuer 1’300 GWh de chaleur et de froid par ces réseaux, issus à 80% d’énergies renouvelables et de récupération. À cette date, SIG aura investi CHF 1.5 milliard dans les RTS. Une centaine de km de conduites supplémentaires doivent encore être installées d’ici là
À l’horizon 2050, plus de la moitié de la demande thermique du canton – soit environ 3500 bâtiments raccordés – sera couverte avec une énergie thermique 100 % renouvelable.
Voir aussi la carte interactive des RTS ainsi que
les cartes intentionnelles de déploiement à l’horizon 2030, 2040 et 2050
Un cadre tarifaire transparent et équitable
En décembre 2024, une étape décisive a été franchie avec l’adoption par le Conseil d’État des tarifs de raccordement et de fourniture d’énergie des RTS : soit un un prix moyen d’environ 18 cts/kWh pour le chaud (principalement GeniTerre) et d’environ 22 cts/kWh pour le froid (GeniLac) – des tarifs revus chaque année, cohérents avec les prix constatés en Suisse pour des solutions d’alimentation thermique renouvelables similaires.
Ce cadre tarifaire, attendu par les propriétaires et les professionnels, permet de concrétiser la transition énergétique du parc bâti au meilleur coût pour les usagers.


