Article de Nathalie Mayer publié dans Futura-Sciences le 20 octobre 2016.
Depuis quelques jours maintenant, la presse qualifie unanimement d’ « historique » l’accord signé à Kigali (Rwanda) par la communauté internationale en vue de planifier la disparition progressive des hydrofluorocarbures, les désormais fameux HFC. Mais en quoi consiste exactement cet accord ? Les réponses avec notre interview exclusive de Denis Clodic, membre du Comité technique du programme des Nations unies pour l’Environnement.
« Globalement, c’est une très bonne nouvelle », assure Denis Clodic, membre du Comité technique du programme des Nations unies pour l’Environnement depuis 1994. Cette bonne nouvelle, c’est l’annonce de la conclusion à Kigali (Rwanda) d’un accord s’attaquant aux hydrofluorocarbures, désormais connus sous le nom de HFC.
Les HFC sont aujourd’hui essentiellement utilisés dans des applicationsde froid commercial et dans les installations de réfrigération et de climatisation individuelles. Mais ils apparaissent également dans les aérosols et les mousses d’isolation. Selon une étude de l’université de Berkeley, leurs émissions progressent de 10 à 15 % chaque année, à mesure notamment que les pays en développement s’équipent de systèmes de climatisation.
Les HFC pour remplacer les CFC
Pour mieux comprendre le contexte dans lequel a été signé cet accord, revenons quelques décennies en arrière. Dans les années 1970, les scientifiques ont découvert que certaines substances, en particulier les chlorofluorocarbones — les CFC largement répandus dans les aérosols — appauvrissent la couche d’ozone et (ils s’y intéresseront plus tard) qu’elles présentent un Pouvoir de Réchauffement Global — ou GWP en anglais — tournant autour des 10.000. Cela signifie ni plus ni moins que ces gaz à effet de serre sont 10.000 fois plus puissants que le dioxyde de carbone (CO2), qui avait déjà une bien triste réputation !

