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Pact’Matière et enjeux cantonaux : interview de Delphine Bachmann

par | Nov 9, 2025

Pact’Matière et enjeux cantonaux : interview de Delphine Bachmann

Pact’Matière, premier plan d’actions transfrontalier dédié à l’économie circulaire dans le Grand Genève, implique deux pays, deux cantons, deux départements ainsi que la région Auvergne-Rhône-Alpes. Focus sur les enjeux du canton de Genève.

[Entretien] Delphine Bachmann, Conseillère d’Etat chargée du Département de l’économie, de l’emploi et de l’énergie (DEE)

À quels enjeux propres au canton de Genève Pact’Matière et l’économie circulaire répondent-ils ?

Le canton de Genève n’échappe pas aux nombreuses incertitudes et crises auxquelles le monde est confronté depuis plusieurs années. Qu’elles soient sanitaires, géopolitiques ou écologiques, il est essentiel pour l’État de Genève, en étroite collaboration avec ses partenaires – notamment transfrontaliers- de se préparer et d’anticiper ces nombreux défis.

Ces défis présentent également des opportunités de renforcer le tissu économique genevois. L’économie circulaire – et Pact’Matière – en font partie. D’un point de vue écologique, l’objectif ambitieux de ce plan d’actions de réduire par 5 l’empreinte matière contribue pleinement à un autre objectif fixé par le canton de Genève, atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Au-delà de cet enjeu écologique, ce plan d’action traduit aussi une autre vision claire du canton de Genève : en faire un canton créatif et innovant, compétitif et créateur d’emploi. L’économie circulaire est en effet un levier pour relocaliser les flux, stimuler l’innovation économique et répondre aux défis liés à la maîtrise de la chaîne de valeur et au développement des circuits courts.

Dans quels secteurs doit-on se réapproprier l’échange de matières ?

L’économie circulaire s’adresse à tous les secteurs économiques, car elle offre des leviers de croissance concrets et mesurables. En intégrant des principes de circularité (comme la réutilisation des ressources, la mutualisation des outils de production, ou la création de nouveaux modèles économiques (location, réparation, etc.), les entreprises agissent directement sur leurs coûts (approvisionnement, déchets, logistique) et renforcent leur robustesse face aux crises.

De plus, appliquer les principes de l’économie circulaire peut être un véritable vecteur d’innovation : mener une réflexion autour de nos ressources peut créer des opportunités. Prenons par exemple l’histoire de l’horlogerie genevoise : cette industrie est née de la vision des horlogers de l’époque et de l’exploitation des forces motrices locales (aujourd’hui le Bâtiment des forces motrices). Ce mélange d’opportunités locales et d’innovation a su démontrer toute sa valeur. L’économie circulaire, dans cette même logique, constitue un moteur de compétitivité, en favorisant l’optimisation des ressources.  Au-delà du recyclage, un moyen de saisir les opportunités économiques pour le bassin Genevois.

Quelle est selon vous la première des priorités nécessaires pour le mettre sur les bons rails ?

Relocaliser 10% des importations à l’échelle du Grand Genève est un objectif ambitieux mais pas irréaliste. Cependant, selon moi, l’atteinte de cet objectif repose sur une collaboration étroite et constante avec les différents acteurs économiques. Ce plan d’action propose une vision cohérente pour la transition écologique de notre territoire mais elle doit s’inscrire dans la réalité du terrain. Ensuite bien évidemment le suivi et le pilotage de ce plan doit être calibré avec une logique transfrontalière qui présente à elle-même, un défi en soi.

Quelle forme de gouvernance est en place pour piloter le déploiement de Pact’Matière ?

Pact’Matière est unique et pionnier dans sa construction. Travailler sur les flux de matières entre deux pays avec des législations différentes implique, en effet, une gouvernance particulière pour son déploiement. C’est d’ailleurs pour ces raisons que dans la construction de chaque fiche une attention particulière a été portée dans l’identification des partenaires à impliquer. Chaque action ne bénéficiera donc pas de la même forme de gouvernance selon la complexité ou la logique d’exécution. Néanmoins, pour revenir sur votre question précédente, le suivi de la gouvernance constitue l’une des priorités pour assurer le succès de ce plan d’actions.

Comment Pact’Matière s’inscrit dans les orientations du Département de l’Économie et de l’Emploi ?

Les questions énergétiques et environnementale sont une préoccupation constante de mon département et en particulier d’un de mes offices, celui de l’économie et de l’innovation (OCEI). Je veux notamment mentionner ici une de leurs actions qui date d’il y a quelques mois : la mise en ligne d’un index sur leur site listant toutes les prestations cantonales et communales en matière de durabilité pour une entreprise ; cet index permet justement d’identifier les différentes prestations cantonales qui traitent entre autres de l’économie circulaire ou de l’écologie industrielle.

L’économie circulaire est pour moi, une autre façon de penser son modèle d’affaires, par exemple en choisissant de mutualiser ses outils de production, en faisant des investissements ensemble, avec son voisin industriel par exemple, pour réduire les coûts et utiliser moins de ressources. Mutualiser ses outils de production, c’est justement ce que nous cherchons à promouvoir dans le cadre de mon action autour de l’innovation, notamment pour le secteur des sciences de la vie au Campus Biotech.

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