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Musée d’ethnographie de Genève : une stratégie RSO qui rassemble (partie 2/2)

par | Sep 7, 2025

Musée d’ethnographie de Genève : une stratégie RSO qui rassemble (partie 2/2)

II – Bilan carbone, certifications et mise en œuvre

Dans le cadre de la stratégie fondée sur la RSO, le MEG a établi un premier bilan carbone en 2023, afin de mettre en lumière les sources de gaz à effet de serre les plus significatives et orienter la réduction de son empreinte en se basant sur des données objectives.

L’analyse – qui intègre les scopes 1,2 et 3 – dévoile que les émissions annuelles atteignaient 891 tCO2e en 2022, soit les émissions de 70 Genevois-e-s sur une année.

Le poste Déplacements compte à lui seul pour 59.1 % des émissions de GES, dont 55% (soit 488 tCO2e) imputables aux déplacements des 100’000 visiteurs du musée et clients du Café du MEG.

Les émissions liées à la catégorie Energie représentent 15.4 % du bilan, avec en premier lieu l’électricité qui équivaut à la consommation annuelle de 289 ménages. La catégorie « Achats et Alimentation » atteint 11.4 %, une moitié est liée au Café du MEG. Enfin, les bâtiments (désignés sous « Immobilisation ») représentent 11 % des émissions.

Réduction des GES de 85 % d’ici 2030, neutralité carbone d’ici 2050

Fort de ces résultats, le MEG a fixé des objectifs ambitieux, alignés sur les engagements climatiques de la Ville de Genève : réduction des émissions de gaz à effet de serre de 85 % d’ici 2030 et neutralité carbone d’ici 2050.

L’analyse a permis de structurer un plan d’actions autour des trois principaux postes d’émissions, qui sont responsables de 76 % des émission. Leur potentiel de réduction atteint 275 tCO2e, soit 31 % du bilan carbone du MEG.

1) Déplacement des visiteurs – objectif 2030 :  -134 tCO2e / -15% du bilan carbone

  • Inciter les visiteurs à adopter des modes de déplacement doux ou le covoiturage.
  • Interrompre les collaborations avec les parkings alentour

2) Energie – objectif 2030 :  -125 tCO2e / -14% du bilan carbone

  • Effectuer un audit énergétique et optimiser les consommations et l’installation
  •  Réduire la consommation énergétique de la climatisation dans les salles d’expositions

3) Achats du Café du MEG – objectif 2030 :  -16 tCO2e / -2% du bilan carbone

  •  Favoriser une offre végétarienne
  •  Favoriser les circuits courts, bio et de saison

Premier musée certifié THQSE en Europe

Le MEG a obtenu plusieurs certifications, parmi lesquelles le label international THQSE (Très Haute Qualité Sociétale-Sociale-Sanitaire et Environnementale) niveau OR. Une distinction dans la mesure où l’institution est le premier musée labellisé THQSE en Europe et la première organisation en Suisse. De même, la Certification EcoEntreprise DD&RSE lui a été remise en 2024. Elle atteste de performances de haut niveau dans les domaines du Développement durable et de la Responsabilité sociétale en se référant à la norme ISO 26000.

Ces deux distinctions ont permis d’obtenir le label d’excellence de Suisse tourisme Swisstainable III ainsi que le label Responsibility Europe, qui regroupe les entreprises et organisations qui ont obtenu l’une des meilleures certifications existantes en matière de développement durable et de RSE.

[Entretien avec Cendrine Hostettler, Chargée de mission RSO du MEG]

L’un des grands défis est de remporter l’adhésion des collaborateurs et collaboratrices du MEG…

C’est un point central ! Le partage d’informations est ici essentiel ; si l’on demande à chacune et chacun de repenser ses pratiques professionnelles , le plus important est de donner du sens et de démontrer la plus-value dans son travail. Et puis nous partageons le fait que le Musée d’ethnographie, par essence, fait de la durabilité : il questionne les enjeux de société, il fait dialoguer les publics, , il est garant du soin apporté aux collections, etc. Cela nous donne la légitimité de développer la RSO mais aussi nous engage à être exemplaire.

Il est tout aussi clair que tout le monde doit contribuer à la mise en œuvre. Parce que l’on interroge les pratiques professionnelles, le plan d’actions se concrétise avec les équipes, en intégrant leurs attentes et besoins. Imposer ne sert à rien, il faut co-construire des actions qui valorisent tout le monde.

Dialoguer en toute transparence engendre la confiance. Cela signifie également laisser beaucoup de place aux feedbacks constructifs, partager ce qui n’est pas compris, ce qui ne marche pas, ce qui est nécessaire. Cela nous a permis de recentrer des projets et d’en abandonner d’autres.

En 2023, vous avez obtenu la certification THQSE. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Le label crédibilise et valide nos actions mais aussi valorise le travail des équipes. Ensuite, il s‘agit d’un outil de communication positif. Il représente une boussole qui nous engage dans un processus d’amélioration continue.

Justement, quels sont vos projets à court terme ?

Le prochain audit, qui doit être mené tous les trois ans pour conserver la certification EcoEntreprise , est pour cette fin d’année. Ensuite, il s’agira de poursuivre la construction d’indicateurs, en cours d’implémentation.

À cela s’ajoutent des projets comme la mise sur pied de formations internes, par exemple pour l’éco-conception d’expositions. Dans ce cas précis, l’enjeu est de chercher à prendre en compte l’entier de l’écosystème que représente une exposition : la mobilité, l’emprunt des œuvres à d’autres musées, la scénographie, les activités de médiation, etc. Il sera également question de développer un plan de communication interne et externe autour de la RSO et de mettre en œuvre un outil de pilotage.

Pour en savoir plus sur la RSO et le développement durable au MEG

Pour consulter la première partie du reportage: Partie I – Réflexion, périmètre et premiers pas