Euractiv.fr – 1er décembre 2015 – Frédéric Simon
La Commission espère que son nouveau paquet législatif sur l’économie circulaire offrira à l’UE une occasion de « réinventer notre économie » et permettra aux entreprises européennes d’avoir accès à des matières premières moins chères et plus abondantes.
La création d’un marché des matières premières secondaires est au centre de cette nouvelle vision. Ces matières premières « pourront être échangées et transportées, comme les matières premières traditionnelles directement issues de l’extraction », explique un projet de communication obtenu par EurActiv.
Ce tableau idéal est cependant encore bien loin de la réalité. Dans sa communication, qui explique ses projets législatifs, l’exécutif européen admet en effet que les entreprises qui souhaitent recycler des matières premières sont aujourd’hui confrontées à « des incertitudes quant à la qualité » des produits.
Le secteur des plastiques en est un bon exemple. De nombreux acheteurs potentiels sont découragés par le taux d’impuretés potentiel du plastique recyclé. S’il existe des contrôles de qualités, ceux-ci ne sont que peu crédibles, parce qu’il s’agit uniquement de contrôles visuels, explique Stéphane Arditi, du Bureau européen de l’environnement.
« À l’œil nu, comment peut-on espérer repérer 20 kg d’impuretés dans 1 000 kg de plastique recyclé ? C’est impossible, donc les contrôles ne sont pas crédibles », regrette-t-il.
Résultat : un quart des matières recyclées européennes sont exportées parce que la demande interne est trop basse, selon Jean-Louis Chaussade, le PDG de Suez Environnement, un géant industriel français spécialisé dans le recyclage et la gestion des déchets. Pour le plastique trié au Royaume-Uni, par exemple, ce chiffre s’élève même à 50 %.
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