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[Interview] PAMOS : la mutualisation au service de la culture

par | Août 20, 2026 | Actualités, Reportages

Le projet PAMOS est une initiative inédite et innovante au service de la scène culturelle locale. En mutualisant les accessoires de spectacle – meubles et objets - il facilite l’émergence de projets portés par les acteurs culturels genevois et encourage la diversité artistique.

Soutenu par la Ville de Genève, PAMOS est porté par la Comédie de Genève en partenariat avec la faîtière TIGRE (qui représente 112 compagnies de théâtre indépendantes) et géré au quotidien par La Manivelle.

 

Installé dans la ZIC à Châtelaine, PAMOS propose aujourd’hui quelque 1600 objets, dont 70% de mobilier, recensés dans un catalogue en ligne. Pour l’année 2026, ils peuvent être empruntés gratuitement le temps d’un spectacle par les théâtres genevois mais aussi par des structures de danse et de musique, des festivals, des centres culturels, des compagnies, des maisons de quartier, des bibliothèques, des musées ou des écoles. Seule condition : que les objets ne soient pas en contact avec le public, pour éviter leur usure prématurée et qu’il ne s’agisse pas d’un usage « événementiel ».

Entretien avec Deyan Rankov, Chargé de projet mutualisation de matériel scénique, PAMOS

PAMOS, c’est un soutien concret et tangible à la culture, en particulier aux arts de la scène, au travers de la mutualisation. Ce principe prend ici plusieurs sens…

Absolument ! Tout d’abord, mutualiser les accessoires et le mobilier est indispensable à de nombreux acteurs culturels. Jusqu’ici, chacun avait son réseau propre pour trouver ce qui lui était nécessaire. PAMOS amène un vrai changement : c’est un lieu unique et centralisé mais c’est aussi une nouvelle démarche en termes de créativité, de coûts, de transport et d’impact environnemental.

Ensuite, il est question de mutualiser l’espace de stockage – que de petites structures ne peuvent pas se permettre. Ici, nous sommes colocataire de la Comédie, sans qui le projet n’aurait pas pu se faire. Enfin, c’est un point de mutualisation des dons. Au lieu de s’adresser à un théâtre, des entreprises comme Ikea nous contactent directement.

Sur le plan de la durabilité, est-ce que la revalorisation d’objets pourrait également être une voie à suivre ?

L’impact environnemental et la durabilité sont pleinement intégrés au projet. De fait, la mutualisation allonge la durée de vie des accessoires et réduit le gaspillage du matériel. Autrement dit, elle allège l’empreinte carbone des spectacles.

Dans notre contexte particulier, le coût induit par la revalorisation d’objets serait trop élevé. Elle nous contraindrait à pratiquer des tarifs rédhibitoires…

La phase de test arrive à son terme en fin d’année. Comment envisagez-vous l’avenir ?

Une décision sera prise quant à l’octroi ou non d’une nouvelle subvention. De notre côté, si le projet se poursuit, nous entendons faire évoluer notre mode de fonctionnement en demandant une participation financière aux bénéficiaires, soit sous forme de forfait à l’année, soit en fonction des objets empruntés comme le fait le Théâtre de Carouge. La formule adéquate sera définie en garantissant que PAMOS reste accessible à tous.