Le data center inauguré par Infomaniak en début d’année reflète une approche institutionnalisée des questions de durabilité. Face à des besoins globaux toujours plus importants en matière de capacité de stockage, l’entreprise en appelle à la responsabilité des fournisseurs et des consommateurs.
[Interview] Boris Siegenthaler,
Co-fondateur et CSO d’Infomaniak
De manière général, quelle est la philosophie d’Infomaniak en matière de durabilité ?
Un numérique éthique doit intégrer sans compromis les enjeux environnementaux, sociaux et économiques.Cela se traduit par une volonté constante de réduire l’impact écologique de nos infrastructures, notamment en utilisant exclusivement de l’électricité d’origine renouvelable, en valorisant 100% de l’énergie consommée, ou encore en éco-concevant nos produits pour limiter leur consommation. Nous allons au-delà des standards du marché en prolongeant la durée de vie de nos serveurs jusqu’à 10 ans et en compensant à 200% la totalité des émissions de CO2 que nous ne pouvons pas éviter d’émettre à la source, ce qui inclut également les déplacements quotidiens de l’ensemble de nos collaborateurs.
La durabilité ne s’arrête pas à l’empreinte carbone. C’est une démarche globale intégrée à tous les niveaux : transparence avec les clients, indépendance technologique, développement local, mobilité douce pour les collaborateurs, et recherches et développements de projets innovants, comme le data center D4 qui combine innovation numérique et énergie circulaire au service de la collectivité.
Notre posture est proactive : agir concrètement, localement, et de manière mesurable pour construire un cloud éthique, sans compromis sur l’écologie, la vie privée et l’économie locale.
Quel est votre point de vue d’expert sur l’appétit et la consommation des datas centers – aussi en regard du déploiement de l’IA ?
L’IA ne doit pas être une excuse pour aggraver l’empreinte écologique du numérique. Bien au contraire, elle doit devenir un levier d’optimisation et d’efficacité. Cela suppose de repenser les infrastructures dès leur conception : architecture circulaire, valorisation de la chaleur, énergies 100% renouvelables, écoconception logicielle, allongement de la durée de vie du matériel… Ce sont ces choix structurants qui permettent de concilier puissance de calcul et responsabilité environnementale.
À long terme, la question n’est pas de savoir si l’IA va croître, mais dans quelles conditions et à quel coût environnemental. Ce qui est en jeu, c’est notre capacité collective à poser des limites, à réguler les usages, et à soutenir des modèles industriels sobres, respectueux de la vie privée et résilients. Nous pensons que les entreprises, les décideurs publics et les consommateurs ont un rôle à jouer. Car la puissance de calcul ne vaut rien si elle compromet notre avenir climatique.


