Organisé le 5 novembre 2024, le 18e Atelier GENIE a réuni plus soixante personnes à la FER Genève autour de la question des zones industrielles, de leur mutation vers un nouveau modèle de gouvernance, plus durable, dans un contexte de mixité, de mutualisation et de densification.
Le contexte – les ZI en faits et chiffres
Guillaume Massard, Directeur général de la FTI et Président de GENIE.CH
En occupant quelque 3% du territoire genevois (soit 723 hectares), les ZI représentent une source importante de savoir-faire, d’emplois et d’innovation : plus de 4800 entreprises y sont implantées et totalisent plus de 80’000 emplois
Aujourd’hui, les ZI évoluent dans un contexte de forte demande mais aussi de rareté du foncier, appelant à la rationalisation des espaces. Des réalisations exemplaires reflètent cette approche, comme la Halle Emma Kammacher à la ZIMEYSA et ses 40’000 m2 sur quatre étages dédiés à la logistique ou l’Espace Tourbillon à la ZIPLO qui compte cinq bâtiments, 95’000 m2 de surfaces d’activités ainsi qu’une gare logistique en sous-sol.
Cette évolution s’accompagne d’une planification maitrisée, aussi en matière d’équipements, assurée par la Fondation des Terrains Industries de Genève qui gère la quasi-totalité des périmètres industriels genevois, accompagne les entreprises en recherche de surface et facilite leur implantation.
Des zones qui ne sont pas qu’industrielles
Alexia Hofer, Chargée de projets – Urbaniste géographe de la FTI
Ce changement nécessite l’adaptation du cadre règlementaire : la refonte du RAZIDI (Règlement sur les activités admissibles en zone industrielle ou de développement industriel) a donné naissance au RZIAM (Règlement sur les zones industrielles et d’activités mixtes) en 2023.
Fruit d’une large concertation, le RZIAM clarifie les notions d’activités industrielles et artisanales et précise les activités pouvant être déployées dans les zones considérées (éligibilité). Ainsi, en Zone de développement industriel et artisanal (ZDIA), il définit les règles de mixité :
- À l’échelle de l’entreprise, les surfaces dévolues aux activités administratives ne peuvent représenter plus de 50% des surfaces de production et de R&D.
- Les surfaces de vente ne peuvent excéder 20% des surfaces de production.
- À l’échelle de la zone, des activités annexes (café et restaurant, épicerie, banque, poste, salle de sport, crèche, …) sont autorisées si elles apportent davantage de confort aux utilisateurs et réduisent leurs déplacements.
- Des dérogations peuvent être demandées pour des activités culturelles et, dans certains cas, pour des activités non artisanales et non industrielles.
Dans le cas des Zones d’activités artisanales et mixtes (ZDAM), la règle du 60/40 s’applique, à savoir au minimum 60% d’activités secondaires et au maximum 40% de tertiaire.
Mixité et densification – Deux cas exemplaires de développement en ZDAM
La création d’une PPE en droit de superficie
Jeremy Gardiol, Directeur financier d’Eugène Baud SA
Situé sur une parcelle propriété de la FTI à Thônex (chemin de la Mousse 80) et inauguré fin 2020, un bâtiment offrant 6’000 m2 de surface brute de plancher héberge non seulement des activités industrielles et artisanales mais également des activités tertiaires telles que commerces ou bureaux.
Développé par ses utilisateurs, il s’agit du premier bâtiment de ce type commercialisé en PPE sur la base d’un droit de superficie. Sept années ont été nécessaires pour trouver l’ensemble des entreprises partenaires permettant d’atteindre la densité demandée et de respecter la règle des 60/40.

