[DÉFI’25 FTI] Terasol – Valoriser les matériaux d’excavation avec Exosol®
[Rencontre avec Cédric Coquelin, CEO de Terasol]
Terasol est une start-up, créée en 2022, experte dans la réhabilitation et la protection des sols. Au-delà de l’approche « technique », vous parlez de « visions et des valeurs » partagées entre les deux co-fondateurs. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Terasol s’attaque à un enjeu majeur : réhabiliter, optimiser et préserver les sols urbains, agricoles et naturels, en ligne avec les Objectifs de Développement Durable de l’ONU. Partant de cela, nous créons et développons en tant qu’agropédologues des solutions technologiques et scientifiques en phase avec notre vision : permettre aux générations futures de profiter des écosystèmes restitués par les sols et rendre les villes plus résilientes.
Vous proposez plusieurs prestations ciblées…
Elles sont au nombre de trois. Planisol® est une activité de bureau d’étude de suivi de projets en matière d’agronomie urbaine, de cartographie des sols ou de Suivi Environnemental en phase de Réalisation (SER) qui veille à la mise en œuvre des mesures adéquates sur les chantiers.
Ensuite, Exomap® a pour objectif de rendre les villes plus résilientes face à la transition climatique. Dans ce contexte, nous traduisons l’étude des sols urbains en cartes interactives pour créer, réaliser ou adapter les stratégies de végétalisation (exomap.com).
Enfin, Exosol® est une solution de revalorisation des matériaux d’excavation.
C’est justement avec Exosol® que vous avez participé au Défi’25. De quoi s’agit-il ?
Il s’agit de notre approche de la régénération des matériaux excavées sur les chantiers urbains. Concrètement, lorsque vous creusez, le sol se décompose en plusieurs couches appelées horizons. Le premier, l’horizon A, correspond à 30 cm de terres végétales fertiles. Ensuite, l’horizon B correspond aux couches sous-jacentes des sols comprises entre 30 et 60 cm. Ces deux horizons sont protégés par l’OSol en Suisse.
Nous travaillons sur les couches inférieures, au-delà de 80 cm de profondeur. Les terres qui en sont issues sont stériles et majoritairement conduites en décharge. En régénérant ces terres excavées, nous les valorisons en un matériau fertile qui peut être utilisé dans l’aménagement d’espaces verts.
Vous faites d’un déchet une ressource. Comment ça marche ?
Nous appliquons un processus agronomique en plusieurs étapes. Schématiquement, cela commence par une analyse des sols, pour vérifier sa viabilité. Idéalement, nous devons vérifier que les matériaux comprennent 15 à 20 % d’argile ainsi que 45 à 65 % de sable. Ensuite, nous agrégeons à ce matériau excavé à de la matière organique issue de composts urbains par exemple. Commence alors un temps de maturation.
Nous nous adaptons à chaque chantier. Nous pouvons mettre en œuvre le processus de production là où la terre sera utilisée. Dans d’autres circonstances, les matériaux d’excavation sont revalorisés et maturés en andain sur des espaces de stockage existant dans l’emprise du chantier.
Autrement dit, nous faisons des déchets une ressource. Nous avons mené des tests in situ à Lausanne et à Genève, dans le quartier des Grottes : alors que l’on tablait sur dix-huit mois pour boucler le processus de maturation, douze mois suffisent pour voir apparaitre une vie biologique dans ce matériau.
Avec le prix du DEFI’25, Terasol a remporté CHF 10’000.-. À quoi allez-vous consacrer cette somme ?
À ce stade, nous avons démontré l’efficience du procédé, mais nous devons encore affiner notre approche.
Le prix est un coup de projecteur sur nos activités et récompense trois années de R&D.
Nous devons mieux nous faire connaitre auprès des maîtres d’œuvre, également avec des arguments économiques : d’une part ils évitent les coûts de mise en décharge des terres d’excavation et, d’autre part, ils peuvent utiliser ce nouveau matériau voire le revendre à un prix aligné sur celui de la terre végétale.
Sans oublier les transports en camion économisés…
Oui, parfois sur de longues distances ! Nous économisons des émissions de CO2 et des transports inutiles – également pour réacheminer des terres végétales sur site.
Pour la troisième année consécutive, la FTI a lancé son DÉFI aux entreprises et autres porteurs de projets la question suivante : « Économie circulaire et circuits courts : comment optimiser l’utilisation des ressources ? ». Les dossiers reçus ont été départagés par un jury d’experts, réunissant des personnalités issues d’horizons complémentaires et offrant une diversité de points de vue. Trois projets novateurs ont particulièrement retenu leur attention. En savoir plus
A gauche, Cédric Coquelin.
Ci-dessous: le projet mené dans le quartier des Grottes à Genève – avant, pendant et après l’intervention.(photo de droite: ©Forêt-B)
