Avec un minimum de masse, sans armature en acier coûteuse et sans ciment, les chercheurs de l’Empa, de l’ETH Zurich et d’autres partenaires européens veulent révolutionner la construction en béton. Dans le cadre du projet européen CARBCOMN, les éléments en béton sont également conçus de manière à pouvoir être facilement démontés après utilisation et réutilisés ailleurs. « D’une part, nous utilisons des méthodes de fabrication numériques pour construire de manière à préserver les ressources. D’autre part, nous remplaçons le ciment traditionnel par des liants à faible empreinte carbone », explique Moslem Shahverdi, chercheur à l’Empa. Au lieu du ciment, on utilise par exemple des scories d’acier, un sous-produit de l’industrie sidérurgique.
La stabilité par la forme plutôt que par le matériau
Le béton utilisé dans le projet CARBCOMN, qui présente une empreinte carbone réduite, est composé exclusivement de déchets industriels. Il est moulé par impression 3D en éléments individuels, qui sont ensuite assemblés pour former des structures porteuses. Au lieu d’utiliser des armatures en acier conventionnelles, le consortium mise sur des structures dites « à compression dominante ». « Le béton résiste très bien à la pression, mais peu à la traction », explique Moslem Shahverdi. C’est pourquoi les chercheurs développent des structures qui sont principalement soumises à la pression, à l’instar des ponts historiques en pierre avec leurs arches.
