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[DÉFI’25 FTI] Origo – Valoriser une plante invasive en matériau d’isolation

par | Mar 16, 2026 | Actualités, Reportages

Parmi les lauréats du DÉFI’25 de la FTI, la coopérative Origo a démontré avec le projet Renouée-Renouveau le potentiel insoupçonné d’une plante invasive dans l’élaboration d’un isolant biosourcé. De quoi intégrer un déchet jusqu’ici incinéré dans une boucle d’économie circulaire et participer à la séquestration du carbone.

 

[Rencontre avec Olivier Dahenne, Ingénieur et formateur, coopérative Origo]

Qu’est-ce qui réunit les membres de la coopérative Origo ?  

Depuis sa création en 2024, Origo rassemble des personnes de tous horizons autour des questions de durabilité appliquées au bâti. Ce qui distingue la coopérative, c’est son approche multidisciplinaire, dans la mesure elle rassemble toutes les strates de la construction, de l’ingénieur civil à l’artisan en passant par l’architecte.

Nos activités sont tout aussi diversifiées. Elles vont de la planification à la réalisation de projets de construction, sur un modèle coopératif et de co-responsabilité, mais également de la recherche, de la formation et des actions de solidarité autour de la construction durable. Nous répondons donc également à des mandats en tant qu’experts, par exemple pour la réalisation d’études ou la conduite de travaux de construction géo-biosourcés. Nous sommes d’ailleurs actuellement sollicités dans le cadre du projet de patinoire de Trèfle-Blanc pour la sélection des matériaux.

C’est dans le domaine de la recherche que vous avez soumis le projet Renouée-Renouveau aux jurés du Défi’25.  De quoi s’agit-il ?

Sur le fond, il s’agit de valoriser une plante hautement invasive en un isolant performant. La renouée du Japon fait partie de ces végétaux que l’on a importé pour ses qualités décoratives mais qui aujourd’hui fait partie des 100 pires espèces invasives… On en trouve partout à Genève, près des cours d’eau, des voies de chemin de fer ou en bordure d’autoroute. En raison de son mode de reproduction extrêmement résilient, on estime sa croissance en Suisse à 130% par année ! Malgré tout, la renouée peut aussi avoir des qualités. Elle pousse très vite, capte du carbone et sa partie ligneuse est très alvéolée : c’est justement ce que l’on recherche dans les matériaux isolants qui doivent avoir la capacité de séquestrer de l’air.

Quels sont ses avantages par rapport à d’autres matériaux isolants ?

Le process que nous proposons permet de transformer un déchet en ressource : Pour éviter sa propagation, la renouée est arrachée puis incinérée. En évitant son incinération, la renouée rejoint l’économie circulaire et participe à la séquestration du carbone. Ensuite, il est question de la transformer un peu et de mettre au point un  produit isolant biosourcé au service du bâtiment. La renouée constitue une ressource locale, abondante et accessible, qui n’occupe pas de surfaces agricoles supplémentaires pour sa production. En cela, elle se démarche des autre isolants bio-sourcés.

L’enjeu est de définir un process qui entre dans une boucle de circularité. Mais comment arrive-t-on à ce résultat ?

Tout commence par la caractérisation du matériau. Quelle est sa résistance, son comportement au feu ou à l’humidité, etc.

Dans un second temps, il convient de chercher le mode d’utilisation le plus approprié. Est-ce que l’on va utiliser des copeaux en vrac ? Les mélanger à  de la chaux ou à un autre liant ? Nous explorons encore plusieurs pistes mais nous avons d’ores et déjà de très bons résultats avec la chaux.

En troisième lieu, il faut définir les processus de récupération et de transformation de la matière et ce, localement. Dans le cadre de la renouée, nous avons dû démontrer à l’Office fédéral de l’environnement – et par extensions au GESDEC, à qui l’autorité fédérale délègue sa compétence – que nous ne disséminions pas la plante lors de sa récolte. C’est tout un concept de sécurité que nous avons dû élaborer, on n’exploite pas une plante déclarée invasive sans fournir des garanties.

Est-ce que le gisement de matière première va se tarir ?

Ce qui est sûr, ce que nous ne sommes pas prêts d’en manquer ! Mais nous avons pensé à la possibilité d’utiliser d’autres végétaux (et même d’autres plantes invasives) notre concept est totalement transposable et reproductible. Avec du chanvre par exemple, une plante aux multiples applications dont la culture doit être développée dans notre pays.

Avec le prix du DEFI’25, la coopérative Origo a remporté CHF 5000.-. À quoi allez-vous consacrer cette somme ? 

Nous devons caractériser la performance de notre isolant, en termes, thermiques, phoniques, etc. Simultanément, nous devons optimiser notre formule, notamment en ce qui concerne la taille des copeaux idéale et le système de broyage. Nous allons profiter de ce prix pour avancer plus rapidement sur ces essais.

Pour la troisième année consécutive, la FTI a lancé son DÉFI aux entreprises et autres porteurs de projets la question suivante : « Économie circulaire et circuits courts : comment optimiser l’utilisation des ressources ? ». Les dossiers reçus ont été départagés par un jury d’experts, réunissant des personnalités issues d’horizons complémentaires et offrant une diversité de points de vue. Trois projets novateurs ont particulièrement retenu leur attention. En savoir plus