Chaque année, la construction suisse produit 17 millions de tonnes de déchets, dont l’essentiel provient de l’activité de démolition et de rénovation. Pour surmonter ce défi grandissant, le réemploi de ces matériaux émerge aujourd’hui comme la solution stratégique pour réduire l’empreinte sectorielle tout en sauvant les ressources naturelles.
Un enjeu suisse
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 3 000 à 4 000 permis de démolition délivrés annuellement pour une production annuelle de 65% de tous les déchets nationaux – la Confédération helvétique s’est trouvé face à un défi colossal. Avec une part de seulement 10% du volume total, le réemploi représente l’industrie de la construction et de la démolition et n’atteindra jamais la barre de 20% fixée à l’horizon 2030 sans une transformation.
Impact triple – Environnemental, économique et social
Un impact environnemental non-négligeable
Le réemploi est une affaire de climat : en évitant aux matériaux de quitter les chaînes traditionnelles d’élimination, le réemploi évite dans la même mesure les coûts d’extraction de nouvelles matières premières. L’émission de dioxyde de carbone dans le compas de la production des matériaux : réduction, élimination et transport – sont tous impactés.
Opportunités économiques tangibles
Les perspectives économiques du réemploi sont aussi séduisantes. Les parties prenantes économiseront sur les deux fronts – en proie au prix de l’acquisition de nouveaux matériaux, d’une part, et en réduisant le traitement et l’enlèvement des déchets, d’autre part. L’espoir capable de subvenir aux tendances initiales de l’impôt environnemental a vu le jour.
Valeur locale créée
Outre les avantages environnementaux et économiques, le réemploi stimule la création d’une filière locale. Les activités de tri, de transformation et de commercialisation de matériaux usagés mènent à la naissance d’emplois non délocalisables et renforcent l’économie circulaire du territoire.
Outillage et méthodologies d’implémentation : le «Fil rouge» d’Ecobau
L’outil de référence d’Ecobau pistes : le Fil rouge pour l’analyse des potentiels de construction circulaire. Cet instrument méthodologique permet aux professionnels d’évaluer le potentiel de réemploi dès la phase de conception, en intégrant ce paramètre dans une analyse globale du cycle de vie du bâtiment.
Diagnostic environnemental préalable
La déconstruction d’un bâtiment ou d’un site contaminé nécessite l’intervention d’un bureau d’études environnementales spécialisé. Les experts identifient les matériaux réemployables, les chantiers de réutilisation et les éventuels sites pollués. Les mesures adéquates de minimisation sont appliquées en conformité avec la législation en vigueur.
Palette de matériaux réemployables
La variété des matériaux permet de déceler le potentiel de cette filière :
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Bois : poutres, planchers, menuiseries.
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Métaux : structures, tuyauteries, éléments de façade.
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Béton : blocs, dalles, éléments préfabriqués.
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Verre : fenêtres, cloisons, vitrages.
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Sanitaires : lavabos, baignoires, WC.
La qualité et la durabilité de ces matériaux permettent leur réutilisation dans de nouveaux projets, contribuant ainsi à une construction plus durable.
Conclusion
Le réemploi de matériaux de déconstruction est plus qu’une simple tendance, mais représente un véritable pilier de la construction durable en Suisse. Si ces pratiques étaient incluses dès la planification des projets, elles permettraient à la construction nationale de devenir pleinement circulaire. La réalisation de cet objectif ne serait possible qu’avec une coopération étroite des parties prenantes de l’industrie, notamment; maîtres d’ouvrage, concepteurs, entrepreneurs et bureaux d’études spécialisés. Sans l’engagement de toutes les parties concernées, il serait impossible de réaliser les objectifs audacieux pour 2030, ni de perfectionner la Suisse en un modèle de construction responsable.

