Article de Lucie Monnat publié dans 24 Heures le 11 octobre 2016
Malgré les échecs, les projets continuent d’être lancés. Reportage au cœur des Alpes.
Situé à 1780 m d’altitude, l’air est glacial dans le tube sombre d’une des nombreuses galeries du Grimsel. C’est au milieu de ces parois brutes, creusées à même la roche de granit du massif de l’Aar, que le Centre suisse de compétence en recherche énergétique – approvisionnement en électricité (SCCER-SoE) a installé un laboratoire unique au monde. Ici, depuis quelques mois, les scientifiques s’acharnent à mettre la roche à l’épreuve des séismes et de tester sa résistance. Le but: trouver un moyen de pratiquer de la géothermie profonde sans faire trembler la terre.
Le 30 octobre dernier, le parlement a définitivement donné son accord à la stratégie énergétique 2050. Dans le paquet, des soutiens financiers au développement des énergies renouvelables, dont la géothermie. La géothermie est effectivement considérée comme l’une des énergies vertes à fort potentiel destinée à contribuer aux objectifs de la stratégie énergétique 2050. Celle-ci compte sur la géothermie pour fournir 4,4 térawattheures d’électricité d’ici à 2050, soit 7% du mix énergétique ou 1,5 fois la production annuelle de la centrale nucléaire de Mühleberg. Selon Géothermie Suisse, l’association faîtière des acteurs de la géothermie, 110 installations d’une puissance de 5 MW électriques sont nécessaires pour atteindre ces objectifs. «Cela signifie que la branche doit progresser annuellement de 10%», constate l’association.

